Nicole CLAVEL   

 

Je suis née à Annecy, en Haute-Savoie, dans une famille catholique et j’ai reçu les enseignements de cette religion au catéchisme. J’étais une petite fille docile et fidèle, j’aimais chanter des cantiques et j’allais à la messe régulièrement. J’ai fait ma communion en ayant conscience de l’engagement que je prenais et j’ai continué à fréquenter un groupe de jeunes, encadrés par un prêtre.

Puis, je suis devenue une lycéenne « raisonneuse » et quelque peu rebelle et je me posais de nombreuses questions concernant les dogmes de ma religion, la tradition, la pratique de la vie chrétienne.

Ma conversion a eu lieu en 1968, j’avais 16 ans. J’ai vécu cette année-là, ce que j’appelle ma « révolution » spirituelle ! Lors des vacances d’été, alors que j’étais de passage chez des cousins qui avaient expérimenté la « nouvelle naissance en Jésus-Christ »,  j’ai entendu prêcher l’Évangile dans toute sa simplicité. La bonne nouvelle du salut par grâce a touché mon cœur, et ce 7 juillet 1968 à Villeurbanne, j’ai senti que l’Amour incommensurable de Dieu me pénétrait, que mes péchés étaient pardonnés ; j’ai accepté la main tendue de mon Père Céleste et je ne l’ai plus jamais lâchée !

Désormais, le sens de la vie m’apparaissait clairement, je pris une nouvelle orientation. J’avais un but : me conformer au modèle donné par Jésus-Christ. La Bible est devenue mon livre de chevet, j’avais soif de connaissance et de partage, j’étais heureuse.

Néanmoins, mes premières années de vie chrétienne, détachée de la tradition religieuse, n’ont pas toujours été faciles ! Ma famille ne comprenait pas mon choix, était effrayée qu’une fille de mon âge pense à Dieu plutôt qu’à vivre « sa jeunesse ». L’opposition a été rude, je n’avais pas le droit de fréquenter une église évangélique, j’étais isolée. Et pourtant la communion que je vivais avec mon Dieu était intense, son Esprit était en moi, ma Foi ne défaillait pas, ma vie lui appartenait, j’avais confiance et l’avenir m’apparaissait radieux.

J’ai fait des études de Lettres pour devenir enseignante, et pendant mes vacances, dans cette belle région de Camargue, j’ai rencontré l’Amour de ma vie avec lequel j’ai partagé mes convictions. Nous avons formé des projets, convaincus que Dieu nous approuvait et nous avons décidé de nous faire baptiser par immersion, ensemble, deux mois avant notre mariage célébré le 24 décembre 1971 dans la ville d’Arles. Nous avons choisi de réunir nos deux familles pour fêter Noël sous le signe de l’Amour.

Nous avons accueilli un an après, dans notre foyer, notre fille chérie, Magali.

En juillet prochain, je fêterai quarante trois ans de conversion. Pendant toutes ces années, je n’ai jamais regretté mon engagement. J’ai toujours été fidèle et le Seigneur conduit ma vie. J’ai grandi dans la Foi et l’Amour fraternel.

Mon mari et moi, nous fêterons en décembre prochain, quarante années de vie commune. Notre Amour s’est approfondi. Rien n’est parvenu à l’entamer, ni les problèmes de santé, ni la vie professionnelle, ni les soucis ; nous avons été éprouvés nous aussi, mais nous avons « tenu bon » parce que nous avons construit notre vie sur « le roc ». Ce passage de Matthieu 7/24 que nous avions choisi de lire le jour de notre mariage, nous l’avons expérimenté.

Le temps de la retraite est arrivé pour nous et il nous permet de nous consacrer davantage, de mieux servir, de plus prier, de partager …

En conclusion, je peux affirmer :

« Oui, j’en ai l’absolue certitude : rien ne pourra m’arracher à l’Amour de Dieu, ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les puissances infernales, ni les dangers présents ni l’incertitude de l’avenir, aucune autre force de l’univers, qu’elle vienne d’en haut ou de l’abîme, aucune autre créature, non rien au monde ne peut mettre de séparation entre moi et l’Amour que Dieu m’a témoigné en Jésus-Christ mon Seigneur et dont je jouis en communion avec Lui. » 

Romains 8/38 traduction Alfred KUEN.