‍  Régine ‍PÉRALÈS   


‍Je ‍suis ‍née ‍dans ‍une ‍famille ‍catholique ‍mais ‍peu ‍pratiquante, ‍ma ‍grand-mère ‍qui ‍vivait ‍avec ‍nous ‍me ‍parlait ‍souvent ‍de ‍Dieu, ‍mais ‍le ‍désignait ‍comme ‍un ‍père ‍fouettard ‍; ‍je ‍dormais ‍avec ‍elle ‍et ‍tous ‍les ‍soirs ‍elle ‍récitait ‍son ‍chapelet ‍dans ‍son ‍lit. ‍J’ai ‍eu ‍une ‍enfance ‍heureuse ‍mais ‍je ‍n’étais ‍pas ‍gâtée ‍car ‍mes ‍parents ‍étaient ‍d’origine ‍modeste. ‍J’ai ‍rencontré ‍mon ‍époux ‍à ‍l’âge ‍de ‍dix-sept ‍ans ‍et ‍nous ‍nous ‍sommes ‍mariés ‍lorsque ‍j’avais ‍dix-neuf ‍ans, ‍nous ‍avons ‍deux ‍enfants, ‍une ‍fille ‍et ‍un ‍garçon. ‍Nous ‍vivions ‍une ‍vie ‍très ‍heureuse ‍et ‍remplie ‍avec ‍mon ‍mari, ‍nous ‍travaillions ‍dans ‍la ‍même ‍société, ‍nous ‍étions ‍des ‍boute-en-train ‍avec ‍Christian, ‍nous ‍organisions ‍des ‍spectacles, ‍des ‍soirées, ‍des ‍week-ends ‍avec ‍nos ‍collègues ‍de ‍travail ‍– ‍c’était ‍le ‍bonheur ‍et ‍l’insouciance.

‍Puis ‍vint ‍le ‍temps ‍où ‍nous ‍nous ‍sommes ‍posés ‍des ‍questions ‍sur ‍la ‍vie ‍après ‍la ‍mort.

‍          Nous ‍habitions ‍un ‍logement ‍de ‍fonction ‍à ‍Sète ‍où ‍j’ai ‍eu ‍une ‍expérience ‍nocturne ‍: ‍je ‍me ‍réveillais ‍en ‍sursaut ‍toutes ‍les ‍nuits ‍avec ‍l’impression ‍d’être ‍observée. ‍Une ‍nuit, ‍je ‍vis ‍un ‍homme ‍près ‍de ‍mon ‍lit ‍qui ‍me ‍regardait, ‍une ‍échelle ‍était ‍adossée ‍au ‍mur. ‍Je ‍m’assis ‍et ‍ouvris ‍mes ‍yeux ‍avec ‍les ‍mains ‍pour ‍être ‍sûre ‍d’être ‍bien ‍éveillée ‍et ‍que ‍l’homme ‍devant ‍moi ‍était ‍bien ‍réel ‍: ‍je ‍me ‍suis ‍mise ‍à ‍crier, ‍mon ‍mari ‍se ‍réveilla ‍et ‍l’homme ‍disparut ‍alors ‍soudainement ‍… ‍Nous ‍apprîmes ‍par ‍la ‍suite ‍qu’un ‍homme ‍s’était ‍pendu ‍dans ‍cette ‍chambre. ‍Ce ‍qui ‍nous ‍amena ‍à ‍nous ‍poser ‍des ‍questions ‍et ‍à ‍faire ‍des ‍expériences ‍telles ‍que ‍du ‍spiritisme.

‍Ensuite, ‍j’ai ‍commencé ‍à ‍avoir ‍une ‍obsession ‍qui ‍me ‍fit ‍penser ‍que ‍j’étais ‍dépressive ‍: ‍notamment ‍j’étais ‍persuadée ‍que ‍ma ‍mère ‍allait ‍mourir, ‍qu’elle ‍était ‍malade, ‍je ‍ne ‍disais ‍rien ‍à ‍personne ‍de ‍peur ‍de ‍passer ‍pour ‍une ‍folle, ‍mais ‍cette ‍obsession ‍allait ‍grandissante, ‍elle ‍dura ‍des ‍mois, ‍jusqu’au ‍jour ‍où ‍je ‍demandai ‍au ‍docteur ‍de ‍famille ‍de ‍faire ‍passer ‍des ‍examens ‍à ‍ma ‍mère ‍sans ‍lui ‍donner ‍la ‍véritable ‍raison ‍- ‍ce ‍qu’il ‍fit. ‍Après ‍une ‍biopsie ‍du ‍foie ‍effectuée ‍en ‍novembre ‍1982, ‍elle ‍mourut ‍le ‍18 ‍janvier ‍1983 ‍de ‍tumeurs ‍cancéreuses ‍dans ‍les ‍voies ‍biliaires ‍- ‍cancer ‍sournois, ‍indécelable ‍qui ‍s’était ‍propagé ‍en ‍cancer ‍généralisé. ‍Quand ‍je ‍vis ‍ma ‍mère ‍décédée ‍sur ‍son ‍lit, ‍je ‍restai ‍seule ‍avec ‍elle ‍et ‍demandai ‍à ‍Dieu ‍: ‍POURQUOI ‍?

‍A ‍partir ‍de ‍ce ‍jour-là, ‍tout ‍s’est ‍enchainé, ‍mon ‍mari ‍a ‍été ‍muté ‍à ‍Aigues-Mortes ‍en ‍octobre ‍1983, ‍et ‍je ‍suis ‍restée ‍à ‍Balaruc ‍jusqu’à ‍la ‍fin ‍de ‍l’année ‍scolaire ‍des ‍enfants. ‍Paulette, ‍une ‍jeune ‍femme ‍qui ‍travaillait ‍dans ‍l’entreprise ‍m’intriguait, ‍elle ‍lisait ‍un ‍livre ‍recouvert ‍par ‍du ‍papier ‍d’emballage, ‍toujours ‍le ‍même, ‍alors ‍que ‍je ‍m’amusais ‍avec ‍mes ‍collègues ‍de ‍travail ‍pendant ‍le ‍déjeuner. ‍Je ‍leur ‍tirais ‍les ‍cartes ‍(jeu ‍de ‍tarots) ‍sans ‍avoir ‍aucun ‍don, ‍j’avais ‍un ‍petit ‍livret ‍qui ‍donnait ‍les ‍explications. ‍Un ‍jour, ‍je ‍demandais ‍à ‍Paulette ‍si ‍elle ‍voulait ‍que ‍je ‍lui ‍dise ‍son ‍avenir. ‍Elle ‍me ‍regarda ‍avec ‍effroi ‍en ‍disant ‍: ‍« ‍Ce ‍que ‍tu ‍fais ‍est ‍en ‍abomination ‍à ‍l’Éternel ‍», ‍mes ‍collègues ‍et ‍moi ‍nous ‍nous ‍sommes ‍gentiment ‍moqués ‍d’elle ‍mais ‍elle ‍affirma ‍que ‍Jésus ‍était ‍mort ‍pour ‍mes ‍péchés, ‍elle ‍me ‍demanda ‍si ‍j’étais ‍sauvée. ‍Je ‍lui ‍répondis ‍« ‍Je ‍n’ai ‍pas ‍de ‍péchés, ‍je ‍suis ‍quelqu’un ‍de ‍bien ‍». ‍Elle ‍referma ‍son ‍livre, ‍la ‍cloche ‍sonna ‍et ‍nous ‍sommes ‍tous ‍rentrés ‍travailler.

‍Toute ‍la ‍soirée, ‍je ‍repensais ‍à ‍cette ‍conversation, ‍le ‍lendemain ‍c’est ‍moi ‍qui ‍l’ai ‍prise ‍à ‍part ‍pour ‍la ‍questionner ‍: ‍« ‍Que ‍faut-il ‍faire ‍pour ‍être ‍sauvé ‍?». ‍Elle ‍répondit ‍« ‍Il ‍faut ‍passer ‍par ‍la ‍croix ‍», ‍mais ‍je ‍ne ‍compris ‍pas ‍ce ‍qu’elle ‍voulait ‍dire. ‍La ‍nuit ‍même, ‍je ‍fis ‍un ‍rêve ‍que ‍je ‍racontais ‍à ‍Paulette ‍le ‍lendemain. ‍Elle ‍m’expliqua ‍le ‍don ‍de ‍Dieu, ‍le ‍sacrifice ‍de ‍Jésus ‍… ‍Elle ‍me ‍fit ‍cadeau ‍d’une ‍bible ‍que ‍je ‍me ‍mis ‍à ‍lire ‍avec ‍passion, ‍je ‍lui ‍demandais ‍des ‍explications ‍durant ‍les ‍pauses ‍déjeuners.  Elle ‍m’emmena ‍en ‍semaine ‍dans ‍une ‍église ‍à ‍Montpellier. ‍Bien ‍que ‍sur ‍mes ‍gardes, ‍je ‍fus ‍saisie ‍par ‍la ‍Parole ‍de ‍Dieu ‍annoncée ‍et ‍donnai ‍mon ‍cœur ‍à ‍Jésus. ‍Mon ‍mari, ‍bien ‍que ‍très ‍méfiant, ‍accepta ‍de ‍m’accompagner ‍à ‍l’église. ‍Ce ‍jour-là, ‍nous ‍nous ‍sommes ‍placés ‍au ‍dernier ‍rang, ‍Christian ‍pensant ‍partir ‍avant ‍la ‍fin, ‍mais ‍il ‍fut ‍lui ‍aussi ‍envahi ‍par ‍la ‍présence ‍de ‍Dieu ‍et ‍lui ‍donna ‍également ‍sa ‍vie. ‍Nous ‍fûmes ‍baptisés ‍le ‍même ‍jour ‍: ‍on ‍nous ‍a ‍baptisés ‍tous ‍les ‍deux ‍avant ‍la ‍prédication, ‍l’un ‍après ‍l’autre, ‍nous ‍avons ‍partagé ‍notre ‍expérience ‍avec ‍les ‍trois ‍cents ‍personnes ‍présentes. ‍Les ‍autres ‍baptêmes ‍eurent ‍lieu ‍après ‍la ‍prédication ‍- ‍je ‍vis ‍là ‍déjà ‍un ‍signe ‍de ‍Dieu ‍qui ‍annonçait ‍que ‍notre ‍couple ‍le ‍servirait ‍ensemble ‍selon ‍sa ‍volonté ‍-

‍Depuis, ‍de ‍nombreuses ‍expériences ‍ont ‍jalonné ‍notre ‍vie, ‍des ‍épreuves, ‍des ‍joies, ‍des ‍souffrances, ‍j’ai ‍suivi ‍le ‍chemin ‍tracé ‍par ‍le ‍Seigneur ‍- ‍façonnée ‍comme ‍un ‍vase ‍d’argile ‍entre ‍les ‍mains ‍du ‍potier ‍- ‍Je ‍ne ‍comprends ‍pas ‍tout ‍dans ‍cette ‍vie ‍terrestre, ‍mais ‍je ‍m’en ‍remets ‍à ‍Celui ‍qui ‍garde ‍mes ‍voies, ‍Celui ‍qui ‍m’aime ‍d’un ‍Amour ‍qui ‍n’a ‍rien ‍à ‍voir ‍avec ‍l’amour ‍humain, ‍Celui ‍qui ‍m’a ‍dit ‍qu’Il ‍garderait ‍mes ‍pas ‍et ‍ma ‍vie ‍jusqu’au ‍dernier ‍jour, ‍Celui ‍qui ‍ne ‍me ‍déçoit ‍jamais, ‍Celui ‍en ‍qui ‍je ‍me ‍confie, ‍qui ‍est ‍mon ‍refuge, ‍ma ‍forteresse, ‍Celui ‍à ‍qui ‍je ‍confesse ‍mes ‍peines, ‍mes ‍chagrins, ‍mes ‍interrogations, ‍mes ‍espoirs, ‍mes ‍désespoirs ‍et ‍qui ‍me ‍souffle ‍« ‍Ne ‍crains ‍rien, ‍tu ‍auras ‍des ‍tribulations ‍dans ‍le ‍monde, ‍mais ‍j’ai ‍vaincu ‍le ‍monde ‍- ‍le ‍meilleur ‍est ‍devant ‍toi ‍- ‍tout ‍ce ‍que ‍tu ‍demanderas ‍au ‍Père ‍en ‍mon ‍nom, ‍crois ‍que ‍tu ‍l’as ‍reçu ‍et ‍tu ‍le ‍verras ‍s’accomplir ‍» ‍et ‍comme ‍une ‍enfant ‍je ‍m’en ‍remets ‍à ‍lui ‍quotidiennement. ‍Merci ‍Jésus ‍pour ‍ton ‍Amour ‍et ‍ton ‍soutien.

‍Le ‍hasard ‍n’existe ‍pas, ‍nous ‍sommes ‍sur ‍cette ‍terre ‍pour ‍un ‍but ‍et ‍une ‍raison ‍bien ‍précise ‍- ‍Dieu ‍veut ‍nous ‍révéler ‍ses ‍desseins, ‍sa ‍volonté ‍à ‍notre ‍égard, ‍mais ‍pour ‍pouvoir ‍le ‍discerner ‍il ‍n’y ‍a ‍qu’un ‍chemin ‍: ‍être ‍en ‍communion ‍étroite ‍avec ‍Lui, ‍ne ‍pas ‍prendre ‍nos ‍pensées ‍pour ‍ses ‍pensées, ‍nos ‍desseins ‍pour ‍ses ‍desseins, ‍être ‍doux ‍et ‍humble ‍de ‍cœur, ‍rechercher ‍le ‍bien ‍de ‍l’autre, ‍même ‍au ‍détriment ‍du ‍nôtre, ‍nous ‍aimer ‍les ‍uns ‍les ‍autres, ‍ne ‍pas ‍exercer ‍de ‍jugement ‍envers ‍quiconque, ‍Jésus ‍durant ‍son ‍ministère ‍sur ‍la ‍terre ‍n’a ‍jamais ‍jugé, ‍il ‍a ‍AIMÉ ‍– ‍« ‍On ‍verra ‍que ‍vous ‍êtes ‍mes ‍disciples, ‍à ‍l’amour ‍que ‍vous ‍manifestez ‍les ‍uns ‍envers ‍les ‍autres ‍».  Jésus ‍nous ‍a ‍montré ‍le ‍chemin. ‍Il ‍n’avait ‍pas ‍de ‍bourse, ‍pas ‍de ‍maison, ‍pas ‍de ‍biens, ‍mais ‍Il ‍avait ‍tout ‍car ‍tout ‍était ‍à ‍Lui, ‍nous ‍aussi ‍nous ‍avons ‍tout, ‍même ‍celui ‍qui ‍ne ‍possède ‍rien, ‍car ‍notre ‍richesse ‍n’est ‍pas ‍matérielle ‍mais ‍spirituelle. ‍


‍Jésus ‍a ‍bien ‍dit ‍« ‍JE ‍SUIS ‍LE ‍CHEMIN, ‍LA ‍VÉRITÉ ‍ET ‍LA ‍VIE, ‍NUL ‍NE ‍VIENT ‍AU ‍PÈRE ‍QUE ‍PAR ‍MOI ‍», ‍Il ‍nous ‍a ‍montré ‍la ‍voie ‍à ‍suivre.