18 septembre 2016.  

   Le chemin des béatitudes.  

 

Prononcée devant l’ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE AZEMA de MONTPELLIER

 

Chers frères et sœurs en Christ., Merci de nous accueillir aujourd'hui, Daniel, toi et ton équipe, pour partager ce culte ensemble.

 

Il s'était passé il est vrai à Aigues-Mortes, quelque chose de fort entre nous. Une chose que seules les personnes qui sont ancrées en  Jésus-Christ  peuvent ressentir. Une chose qui vient d'ailleurs et nous pénètre profondément. Cette chose c'est l'amour de Jésus.

 

L'amour dans son sens le plus noble je veux dire l'amour du prochain, sans hypocrisie, sans fioritures, sans  rond de jambes, sans la main souvent méprisante de l'homme. L'étiquette ou le nom de chrétien aujourd'hui est mise à toutes les sauces, avec des abus, des préjugés,   des inepties.  Pour nous être chrétiens, c'est naître de nouveau, et si c'est le cas pour vous alors vous ne vous appartenez plus car vous avez été rachetés à grand prix par le sang précieux de Jésus-Christ .

 

Le culte de ce matin me donne l'opportunité de vous parler d'un passage magnifique dans Matthieu: 5 ( 1-12 ) Les Béatitudes.

 

Il y a dans ce chapitre huit fois le mot heureux (en grec : béni). Ce mot c'est bien sûr ce que nous souhaitons à ceux que nous aimons mais aussi pour nous-mêmes. « Être heureux », je n'ai pas dit prospères ! (doctrine pernicieuse).

 

Je crois très profondément que la foi en Jésus-Christ c'est le chemin du bonheur. Ces paroles des Béatitudes sont les premières du Christ dans son enseignement public. Jésus à huit reprises va donc nous abreuver du mot « heureux ». La religion chrétienne ce n'est donc pas se rendre malheureux pour être sauvés, mais bien d'être heureux. L'évangile ce n'est pas de la tristesse, des privations ou encore l'austérité mais bien le bonheur ! Croyez-moi il est bon de le rappeler car trop souvent dans son histoire le christianisme a été dépeint comme une religion de sacrifice. On a essayé de faire croire aux chrétiens qu'il fallait se priver de tout, éviter les plaisirs comme étant coupables, et le summum de la sainteté consistait à renoncer aux joies terrestres. On a même dit que la souffrance pouvait avoir valeur rédemptrice et que plus on souffrait plus on avait des chances d'être sauvé. Soyez malheureux et vous gagnerez le paradis ! C'est incroyable de faire avaler de telles inepties aux chrétiens ( ce sont là, les béatitudes de l'homme) Cela dit, tout le monde voudrait être heureux c'est compréhensible, mais la question n'est pas là, la question est « comment envisage-t’on d'être heureux » ! Je ne parle pas de ces bonheurs éphémères ou de ces vies préfabriquées. 

Jésus nous montre un chemin au travers de ce texte biblique. Il y a d'abord quatre béatitudes qui sont positives: heureux ceux qui procurent la paix, ceux qui sont doux et humbles, ceux qui ont le cœur pur, ceux qui sont pleins d'amour et de miséricorde. Nous avons là le chemin de l'évangile, « de la bonne nouvelle », ces valeurs-là sont très importantes surtout dans ces temps où la religion est mise en cause, qu’elle peut être source de violences, confrontée à l'extrémisme, au légalisme, à la fourberie, à des prises et des abus de pouvoir, à de la haine et de la violence de tous ordres. Il est bon de rappeler ce que le Christ nous propose: la paix, la douceur, l'humilité, l'amour, la pureté du cœur. Christ nous invite à vivre ces choses-là, « voila la religion du Christ » et non pas celle des hommes. 

Mais il y a aussi des béatitudes un peu plus compliquées (cela ne vous a pas échappé !) qui sont en apparence négatives. Ceux qui pleurent (ou mènent deuil), ceux qui ont faim et soif de justice, ceux qui sont pauvres en esprit, ceux qui sont persécutés à cause de la justice. Il n'est pas dit ici qu'il faut être à zéro matériellement ou bien pauvre économiquement pour devenir heureux. Etre pauvre ou avoir faim n'est pas une qualité en soi. Il y a des gens mal nourris et d'autres pas du tout riches qui peuvent être d'effroyables personnages et l'inverse est aussi vrai si ce n'est plus. L'évangile de Matthieu précise bien au travers de Jésus qu'il s'agit de disposition d'esprit, spirituelle. Sommes-nous disposés ?

 

Pour être heureux, il faut désirer certaines choses, il faut qu'il y ait une dynamique dans notre vie comme : avoir des aspirations, des projets, des désirs. D'ailleurs dans le langage biblique en hébreux, le mot que l'on traduit par heureux vient du verbe ACHAR qui signifie ETRE DEBOUT ET EN MARCHE. Ainsi le bonheur pour la Bible n'est pas une notion statique mais dynamique. Le bonheur n'est pas un état mais un mouvement. La notion occidentale du bonheur est très angoissante ! Prenons simplement l'exemple des mariages qui trop souvent hélas deviennent des situations anxiogènes tout simplement parce qu’on dit : ces jeunes sont heureux, ils sont beaux, en bonne santé, ils ont de l'amour … et on rajoute pourvu que ça dure ! et on pense en fait, que de toute façon leur bonheur est non seulement fragile mais pratiquement condamné parce que la jeunesse ne dure pas toujours, la beauté non plus et l'amour passion a tendance à se dissiper. C'est vrai quelque part, mais pour la Bible le bonheur n'est pas là, le bonheur est chemin, il consiste à avancer, à s'adapter et ainsi quelles que soient les situations. Un couple peut être heureux longtemps si chacun avance avec l'autre, et le jour de leur mariage n'est pas nécessairement le plus beau jour de sa vie, par contre il est le point de départ, un tremplin vers un vrai bonheur qu'ils vivront ensemble en avançant dans la vie. C'est pourquoi sans doute Jésus nous présente-t'il ces béatitudes difficiles. Le bonheur ce n'est pas avoir la paix mais travailler à la paix. Ce n'est pas être aimé mais vouloir aimer. Ce n'est pas être celui à qui l'on fait justice mais avoir faim et soif de justice. Se savoir pauvre dans sa foi et avoir des désirs, des aspirations, des objectifs, des visées dans sa vie pour que cette foi augmente. Tourner nos regards vers autre chose que ce que l'on est. Ces quatre béatitudes que nous avons qualifiées de négatives, en fait ne le sont pas, ce sont juste des situations qui sont aptes à nous faire mettre en mouvement, en marche. La foi chrétienne est une ferme assurance des choses qu’on espère, cette foi chrétienne est un but merveilleux car croire dans la paix, le pardon, l'amour, la grâce, la douceur, la tendresse, en une phrase : pratiquer les fruits de l'Esprit, est sans doute le meilleur chemin possible du bonheur. Paul a bien raison quand il dit qu'au milieu de tout ce qui se passe dans ce monde, les seules choses qui durent éternellement ce sont : la foi, l'espérance et l'amour. La foi nous l'avons vu, c'est la visée, c'est la foi qui donne de la consistance à une vie, la foi qui transporte les montagnes, la foi c'est la conviction, l'adhésion à la vérité, c'est bien elle qui donne une force extraordinaire, un élan qui pousse à faire des choses qui sembleraient impossibles aux autres. La foi c'est quelque chose qui nous sort du « bien sage », « du bien raisonnable », pour nous propulser dans un monde extraordinaire, car la foi c'est l'ouverture des possibles. L'espérance c'est justement de croire avec la foi, contre toute espérance, y mettre sa confiance et s'y engager au-delà des choses visibles. L'espérance c'est faire en sorte que notre foi ne soit pas simplement intellectuelle mais en faire dépendre sa vie. Quant à l'amour, il est éternel, il n'est pas simplement un sentiment amoureux. L'amour c'est s'ouvrir à l'autre, le considérer, le respecter, lui vouloir du bien ! Cela va bien au-delà de notre monde souvent aseptisé, c’est faire comme Jésus au milieu des publicains et des gens du monde et bien sûr, ne pas condamner la femme de mauvaise vie qui veut non pas vous laver les pieds, mais simplement parler avec vous. L'amour c'est justement ETRE EN MARCHE, savoir donner et savoir recevoir ! Cette dynamique c'est celle du bonheur, c'est celle du DIEU de l'évangile. Ce n'est pas un concept philosophique ou moyenâgeux, encore moins scientifique. Oui l'amour c'est le DIEU vivant et vrai, c'est le DIEU qui est lui-même amour, c'est le JE SUIS  de la Bible, c'est la parole qui s’est faite chair, c'est le fruit de l'Esprit incarné en Jésus-Christ.

 

Voilà les béatitudes « HEUREUX ».

 

Ouvrons-nous encore plus à cette dimension afin de porter encore plus de fruits par un témoignage puissant et un engagement sans faille.