‍   6 ‍novembre ‍2016   

‍   Le ‍rôle ‍des ‍femmes ‍dans ‍l’église    


‍« ‍Je ‍vous ‍le ‍dis ‍en ‍vérité ‍partout ‍où ‍la ‍bonne ‍nouvelle ‍sera ‍prêchée ‍dans ‍le ‍monde ‍entier, ‍on ‍racontera ‍aussi ‍en ‍mémoire ‍de ‍cette ‍femme, ‍ce ‍qu'elle ‍a ‍fait. ‍» ‍Matthieu ‍chapitre ‍26 ‍- ‍verset ‍13.

‍Mon ‍propos ‍est ‍de ‍voir ‍le ‍rôle ‍ou ‍la ‍place ‍des ‍femmes ‍dans ‍la ‍Bible.


‍La ‍Bible ‍a ‍été ‍écrite ‍dans ‍un ‍contexte ‍globalement ‍patriarcal ‍et ‍l'homme ‍y ‍a ‍clairement ‍une ‍place ‍prééminente. ‍Mais ‍si ‍l'on ‍regarde ‍de ‍plus ‍près ‍en ‍entrant ‍dans ‍les ‍détails, ‍on ‍s'aperçoit ‍que ‍les ‍femmes ‍jouent ‍un ‍très ‍grand ‍rôle ‍dans ‍la ‍parole ‍de ‍Dieu ‍et ‍même ‍un ‍rôle ‍plus ‍positif ‍que ‍celui ‍des ‍hommes.

‍Oui ‍les ‍hommes ‍de ‍la ‍Bible ‍sont ‍loin ‍d'être ‍parfaits. ‍La ‍Bible ‍n'est ‍pas ‍la ‍légende ‍dorée ‍cherchant ‍à ‍mettre ‍le ‍lecteur ‍devant ‍des ‍exemples ‍moraux, ‍car ‍les ‍acteurs ‍de ‍la ‍Bible ‍ont ‍tous ‍beaucoup ‍de ‍travers, ‍de ‍défauts, ‍et ‍font ‍de ‍grandes ‍erreurs ‍et ‍de ‍graves ‍péchés. ‍C'est ‍moins ‍le ‍cas ‍des ‍femmes, ‍mis ‍à ‍part ‍quelques ‍unes ‍particulièrement ‍mauvaises ‍ou ‍perverses ‍comme ‍Jézabel ‍qui ‍fit ‍assassiner ‍les ‍prophètes ‍ou ‍bien ‍Salomé ‍qui ‍demanda ‍la ‍tête ‍de ‍Jean-Baptiste. ‍Toute ‍l'histoire ‍sainte ‍est ‍parsemée ‍de ‍femmes ‍qui ‍ont ‍un ‍rôle ‍essentiel. ‍De ‍la ‍mère ‍de ‍Moïse ‍à ‍sa ‍soeur ‍Myriam, ‍à ‍Sarah, ‍Rebecca, ‍Léa, ‍Rachel ‍et ‍surtout ‍ces ‍deux ‍grandes ‍dames ‍tout ‍à ‍fait ‍exemplaires ‍dont ‍un ‍livre ‍porte ‍le ‍nom, ‍je ‍veux ‍parler ‍de ‍Ruth ‍et ‍Esther.

‍Ruth ‍qui ‍est ‍le ‍modèle ‍même ‍de ‍la ‍générosité, ‍du ‍désintéressement, ‍de ‍l'intelligence, ‍ancêtre ‍de ‍David ‍et ‍du ‍Christ. ‍Esther ‍sauvera ‍tout ‍le ‍peuple ‍par ‍sa ‍finesse ‍et ‍son ‍intelligence ‍sans ‍que ‍soit ‍versée ‍une ‍goutte ‍de ‍sang. ‍Eh ‍oui ‍il ‍y ‍a ‍encore ‍les ‍Rahab ‍qui ‍sauvera ‍Jéricho, ‍Anne ‍la ‍mère ‍de ‍Samuel ‍ou ‍encore ‍la ‍veuve ‍de ‍Sarepta ‍en ‍tout ‍exemplaire.

‍Dans ‍le ‍nouveau ‍testament ‍il ‍en ‍est ‍de ‍même ‍de ‍ces ‍femmes ‍très ‍nombreuses ‍et ‍toujours ‍des ‍personnages ‍clef. ‍Il ‍y ‍a ‍tout ‍d'abord ‍Marie ‍la ‍mère ‍de ‍Jésus ‍qui ‍(excusez ‍du ‍peu) ‍mettra ‍au ‍monde ‍l'incarnation ‍de ‍Dieu.

‍Ensuite ‍l'évangile ‍de ‍Luc ‍commence ‍par ‍des ‍histoires ‍de ‍femmes ‍qui ‍adhèrent ‍au ‍projet ‍de ‍Dieu ‍au ‍travers ‍d'Elisabeth ‍et ‍Marie ‍d'où ‍le ‍fameux ‍Magnificat ‍de ‍cette ‍dernière ‍:

‍« ‍Mon ‍âme ‍exalte ‍le ‍Seigneur ‍et ‍mon ‍esprit ‍se ‍réjouit ‍en ‍Dieu ‍mon ‍sauveur ‍».

‍L'évangile ‍de ‍Jean ‍se ‍termine ‍par ‍la ‍résurrection ‍et ‍là ‍c'est ‍encore ‍une ‍femme ‍Marie ‍Madeleine ‍qui ‍est ‍le ‍premier ‍témoin ‍de ‍la ‍résurrection, ‍c'est ‍à ‍elle ‍que ‍Jésus ‍se ‍révèle ‍et ‍c'est ‍elle ‍qu'il ‍envoie ‍pour ‍annoncer ‍la ‍bonne ‍nouvelle ‍de ‍l'évangile ‍aux ‍hommes.

‍Au ‍sens ‍propre ‍du ‍mot, ‍cette ‍femme ‍est ‍la ‍première ‍apôtre ‍du ‍Christ ‍ressuscité.

‍Il ‍est ‍impensable ‍aujourd'hui ‍qu'il ‍y ‍ait ‍encore ‍des ‍églises ‍qui ‍pensent ‍qu'une ‍femme ‍n'est ‍pas ‍capable ‍de ‍prêcher ‍la ‍bonne ‍nouvelle ‍quand ‍Jésus ‍lui-même ‍en ‍choisit ‍une ‍en ‍premier. ‍Et ‍puis ‍dans ‍l'évangile ‍parmi ‍les ‍femmes ‍et ‍nous ‍l'avons ‍lu ‍en ‍préambule ‍il ‍y ‍a ‍cette ‍femme ‍au ‍parfum ‍qui ‍n'est ‍autre ‍que ‍Marie ‍la ‍soeur ‍de ‍Marthe ‍et ‍Lazare.

‍Partout ‍dira ‍Jésus ‍où ‍l'on ‍prêchera ‍l'évangile, ‍il ‍sera ‍fait ‍mention ‍d'elle. ‍Jésus ‍nous ‍a ‍invités ‍à ‍nous ‍souvenir ‍de ‍deux ‍choses.

‍1) ‍La ‍sainte ‍cène  2) ‍Ce ‍parfum ‍répandu.

‍L'on ‍a ‍institué ‍pour ‍la ‍sainte ‍cène ‍et ‍le ‍baptême, ‍deux ‍sacrements, ‍ce ‍qui ‍est ‍juste. ‍Mais ‍de ‍l'épisode ‍de ‍cette ‍femme, ‍on ‍n’en ‍tient ‍pas ‍compte. ‍Pourtant ‍on ‍pourrait ‍dire ‍que ‍le ‍fond ‍de ‍l'évangile ‍au ‍travers ‍de ‍cet ‍épisode ‍n'est ‍pas ‍la ‍virilité, ‍l'orgueil, ‍la ‍force ‍physique, ‍mais ‍bien ‍la ‍douceur, ‍la ‍tendresse, ‍l'humilité.

‍Etre ‍apôtre ‍n'est ‍pas ‍seulement ‍l'image ‍de ‍Pierre ‍avec ‍son ‍épée, ‍mais ‍aussi ‍un ‍humble ‍femme ‍avec ‍un ‍vase ‍de ‍parfum ‍et ‍cela ‍est ‍fondamental ‍car ‍le ‍Judaïsme ‍d'ailleurs ‍a ‍toujours ‍dit ‍sans ‍relâche ‍que ‍Dieu ‍fait ‍preuve ‍de ‍miséricorde, ‍or ‍le ‍mot ‍hébreux ‍vient ‍du ‍mot ‍désignant ‍le ‍ventre ‍maternel. ‍Ainsi ‍le ‍Dieu ‍miséricordieux ‍c'est ‍un ‍Dieu ‍tendre ‍qui ‍a ‍l'amour ‍comme ‍en ‍a ‍une ‍femme ‍pour ‍l'enfant ‍qu'elle ‍porte.

‍Ceci ‍étant ‍dit, ‍il ‍est ‍bon ‍de ‍voir ‍dans ‍l'histoire ‍religieuse ‍judéo ‍chrétienne, ‍l'évolution ‍salvatrice ‍que ‍celle-ci ‍a ‍prise. ‍Au ‍IIIème ‍siècle ‍avant ‍JC, ‍les ‍femmes ‍ne ‍pouvaient ‍pénétrer ‍que ‍dans ‍le ‍parvis ‍des ‍païens ‍et ‍encore ‍pas ‍tous ‍les ‍jours. ‍Dans ‍la ‍synagogue, ‍elles ‍ne ‍pouvaient ‍pas ‍participer ‍aux ‍prières ‍ni ‍à ‍l'enseignement.

‍Tout ‍juif ‍pieux ‍remerciait ‍Dieu ‍de ‍ne ‍pas ‍l'avoir ‍fait ‍naître ‍femme.

‍Dans ‍les ‍évangiles ‍le ‍comportement ‍et ‍l'enseignement ‍de ‍Jésus ‍sont ‍en ‍contraste ‍radical ‍avec ‍cette ‍attitude ‍obscurantiste ‍du ‍judaïsme ‍contemporain.

‍1) ‍Les ‍généalogies ‍mentionnent ‍4 ‍femmes,

‍2) ‍Les ‍récits ‍de ‍la ‍nativité ‍mettent ‍en ‍scène ‍des ‍femmes ‍remarquables,

‍3) ‍Jésus ‍avait ‍des ‍disciples ‍féminins. ‍Il ‍les ‍enseignait, ‍les ‍mentionnait ‍dans ‍ses ‍paraboles ‍et ‍en ‍a ‍fait ‍les ‍premiers ‍témoins ‍de ‍sa ‍résurrection,

‍4) ‍Dès ‍le ‍lendemain ‍de ‍l'ascension, ‍les ‍femmes ‍se ‍sont ‍associées ‍aux ‍hommes ‍pour ‍la ‍prière,

‍5) ‍Elles ‍vont ‍participer ‍à ‍l'évangélisation ‍et ‍à ‍la ‍vie ‍de ‍l'église ‍et ‍même ‍sur ‍le ‍plan ‍missionnaire ‍Jésus ‍a ‍toujours ‍été ‍entouré ‍de ‍femmes.

‍Pour ‍ce ‍qui ‍concerne ‍Paul, ‍il ‍recommande ‍dans ‍Romains ‍16 ‍Phoebée ‍diacre ‍de ‍l'église ‍de ‍Cenchrées ‍qui ‍exerce ‍son ‍ministère. ‍Il ‍englobe ‍Prisca ‍(Priscille) ‍avec ‍Aquilla ‍qui ‍sont ‍collaborateurs ‍dans ‍le ‍service ‍en ‍précisant ‍que ‍Prisca ‍à ‍plusieurs ‍reprises ‍est ‍nommée ‍avant ‍Aquilla.

‍Dans ‍l'oeuvre ‍missionnaire ‍il ‍y ‍a ‍une ‍Marie ‍(6) ‍qui ‍s'est ‍beaucoup ‍dépensée, ‍il ‍y ‍a ‍Tryphène ‍et ‍Tryphose, ‍également ‍Percide ‍(12) ‍.Ce ‍chapitre ‍16 ‍de ‍Romains ‍est ‍vraiment ‍une ‍révélation ‍pour ‍ceux ‍qui ‍voient ‍Paul ‍comme ‍un ‍misogyne.1/3 ‍des ‍personnes ‍dont ‍Paul ‍fait ‍des ‍éloges ‍sont ‍des ‍femmes.

‍Elles ‍portent ‍le ‍titre ‍de ‍compagnons ‍d'oeuvres ‍( ‍collègues ‍de ‍Paul ‍) ‍Philipiens ‍4 ‍(2) ‍ce ‍qui ‍veut ‍dire ‍qu'elles ‍ont ‍pris ‍part ‍à ‍sa ‍mission ‍d'évangélisation ‍et ‍d'implantation ‍d'églises. ‍Egalement ‍Paul ‍nous ‍parle ‍d’Évodie ‍et ‍Synthiche ‍qui ‍ont ‍combattu ‍côte ‍à ‍côte ‍avec ‍moi ‍pour ‍la ‍cause ‍de ‍l'évangile. ‍Les ‍femmes ‍étaient ‍donc ‍des ‍collaboratrices ‍et ‍partenaires ‍dans ‍le ‍service ‍de ‍l'évangile. ‍Et ‍puis ‍Romains ‍16 ‍(7) ‍ou ‍il ‍dit ‍de ‍saluer ‍Andronicus ‍et ‍Junia ‍( ‍femme) ‍mes ‍compatriotes, ‍ce ‍sont ‍des ‍Apôtres ‍remarquables. ‍Alors ‍les ‍passages ‍où ‍Paul ‍prononce ‍des ‍propos ‍misogynes ‍tels ‍que ‍:

‍1) ‍Femmes ‍soyez ‍soumises ‍à ‍vos ‍maris,

‍2) ‍Il ‍est ‍malséant ‍à ‍une ‍femme ‍de ‍parler ‍dans ‍l'église,

‍3) ‍Je ‍ne ‍permets ‍pas ‍à ‍la ‍femme ‍d'enseigner ‍etc ‍...

‍Ils ‍serait ‍absolument ‍irresponsable ‍d'appliquer ‍à ‍la ‍lettre ‍de ‍tel ‍propos, ‍parce ‍qu'il ‍faut ‍toujours ‍chercher ‍la ‍cohérence ‍dans ‍l'écriture ‍et ‍ne ‍jamais ‍prendre ‍un ‍passage ‍isolé ‍pour ‍autorité ‍s'il ‍n'est ‍pas ‍corroboré ‍par ‍le ‍sens ‍global ‍du ‍message ‍et ‍surtout ‍dans ‍l'évangile ‍lui-même.Ces ‍propos ‍de ‍Paul ‍sont ‍purement ‍culturels ‍car ‍Paul ‍appartient ‍à ‍son ‍époque, ‍il ‍faut ‍donc ‍faire ‍la ‍part ‍des ‍choses. ‍Paul ‍parle ‍aussi ‍d'esclavage ‍dans ‍Tite ‍2 ‍(9) ‍qu'il ‍tolère ‍donc ‍il ‍faudrait ‍aujourd'hui ‍engager ‍des ‍esclaves ‍au ‍lieu ‍de ‍femme ‍de ‍ménage ‍?

‍Nous ‍avons ‍compris ‍que ‍Paul ‍ne ‍parle ‍pas ‍dans ‍l'absolu ‍mais ‍par ‍rapport ‍à ‍une ‍situation, ‍à ‍un ‍contexte ‍particulier. ‍Pour ‍être ‍fidèle ‍à ‍Paul ‍il ‍ne ‍faut ‍pas ‍s'arrêter ‍à ‍des ‍phrases, ‍mais ‍voir ‍la ‍situation ‍de ‍départ ‍où ‍les ‍femmes ‍n'étaient ‍pas ‍admises ‍du ‍tout ‍dans ‍les ‍églises. ‍Paul ‍va ‍les ‍faire ‍entrer ‍au ‍début ‍sans ‍qu’elles ‍prennent ‍la ‍parole ‍certes, ‍il ‍leur ‍fait ‍faire ‍un ‍pas ‍de ‍plus ‍dans ‍l'intégration ‍et ‍puis ‍chers ‍frères ‍et ‍soeurs, ‍tourner ‍autour ‍d'arguties ‍ne ‍nous ‍fait ‍pas ‍avancer.

‍Et ‍puis ‍nous ‍sommes ‍Chrétiens ‍et ‍non ‍pas ‍Paulien ‍et ‍l'apôtre ‍Paul ‍n'est ‍pas ‍le ‍verbe ‍incarné.

‍Ne ‍prenez ‍jamais ‍la ‍Bible ‍comme ‍un ‍modèle ‍de ‍vie ‍mais ‍plutôt ‍comme ‍une ‍révélation ‍théologique ‍sinon ‍vous ‍rendez ‍la ‍croix ‍inopérante ‍car ‍vous ‍ne ‍suivez ‍pas ‍toutes ‍ses ‍recommandations. ‍Les ‍façons ‍de ‍vivre ‍sont ‍trop ‍liées ‍au ‍contexte ‍historique ‍et ‍culturel, ‍il ‍nous ‍faut ‍aller ‍voir ‍plus ‍en ‍profondeur ‍et ‍c'est ‍ce ‍que ‍je ‍fais ‍pour ‍vous ‍et ‍pour ‍moi, ‍ce ‍qu'est ‍l'anthropologie ‍biblique. ‍Tout ‍d'abord ‍dans ‍l’AT ‍Genèse ‍1 ‍il ‍nous ‍est ‍présenté ‍l'homme ‍et ‍la ‍femme ‍à ‍égalité.

‍Dieu ‍dit ‍: ‍« ‍Faisons ‍l'humain ‍à ‍notre ‍image ‍selon ‍notre ‍ressemblance. ‍Il ‍les ‍créa ‍à ‍l'image ‍de ‍Dieu ‍homme ‍et ‍femme ‍Il ‍les ‍créa. ‍»

‍Qu'est- ‍ce ‍qui ‍est ‍à ‍l'image ‍de ‍Dieu? ‍L'homme ‍ou ‍la ‍femme ‍(ni ‍l'un ‍ni ‍l'autre) ‍mais ‍les ‍deux ‍réunis. ‍C'est ‍bien ‍l'humain ‍qui ‍est ‍à ‍l'image ‍de ‍Dieu ‍et ‍cet ‍humain ‍est ‍homme ‍et ‍femme. ‍L'image ‍de ‍Dieu ‍est ‍dans ‍le ‍couple ‍et ‍non ‍dans ‍l'individu. ‍Dieu ‍qui ‍est ‍Esprit ‍est ‍une ‍réalité ‍complexe ‍dialectique. ‍Il ‍n'est ‍pas ‍question ‍de ‍sexe ‍biologique ‍mais ‍de ‍féminin ‍et ‍de ‍masculin. ‍Et ‍depuis ‍Jung ‍nous ‍savons ‍que ‍nous ‍avons ‍en ‍chacun ‍de ‍nous ‍une ‍part ‍de ‍féminin ‍et ‍une ‍part ‍de ‍masculin. ‍Il ‍semblerait ‍tout ‍de ‍même ‍que ‍la ‍femme ‍ait ‍un ‍rôle ‍subalterne ‍puisque ‍elle ‍est ‍tirée ‍de ‍la ‍côte ‍de ‍l'homme ‍pour ‍avoir ‍la ‍fonction ‍d'être ‍une ‍aide ‍pour ‍lui. ‍Ce ‍n'est ‍pas ‍très ‍valorisant ‍pour ‍vous ‍mesdames, ‍mais ‍je ‍vous ‍rassure ‍le ‍mot ‍aide ‍est ‍mal ‍interprété, ‍il ‍serait ‍plus ‍judicieux ‍de ‍prendre ‍le ‍mot ‍hébreux ‍( ‍Ezer ‍) ‍non ‍pas ‍concernant ‍la ‍femme ‍seulement ‍mais ‍Dieu ‍lui-même ‍!

‍Dans ‍les ‍Psaumes ‍c'est ‍Dieu ‍qui ‍est ‍mon ‍Ezer ‍c'est-à-dire ‍mon ‍aide ‍ou ‍bien ‍mon ‍salut ‍ou ‍encore ‍mon ‍secours. ‍La ‍Bible ‍dit ‍qu’il ‍n'est ‍pas ‍bon ‍que ‍l'homme ‍soit ‍seul ‍alors ‍Il ‍lui ‍a ‍donné ‍une ‍personne ‍semblable ‍à ‍lui, ‍c'est-à-dire ‍au ‍même ‍niveau ‍que ‍lui, ‍elle ‍n'est ‍ni ‍en ‍dessous ‍ni ‍au ‍dessus ‍mais ‍au ‍même ‍niveau. ‍Oui ‍ma ‍femme ‍est ‍mon ‍Ezer ‍(mon ‍secours, ‍mon ‍aide, ‍mon ‍salut) ‍de ‍même ‍nature ‍et ‍même ‍dignité ‍que ‍moi. ‍Telle ‍est ‍l'anthropologie ‍de ‍ce ‍texte ‍de ‍la ‍création. ‍Quant ‍à ‍la ‍côte ‍tirée ‍d'Adam, ‍depuis ‍longtemps ‍les ‍juifs ‍ont ‍compris ‍qu'il ‍s'agissait ‍de ‍tout ‍autre ‍chose. ‍En ‍hébreux ‍le ‍mot ‍est ‍traduit ‍par ‍côté ‍( ‍tout ‍un ‍côté ‍) ‍une ‍moitié. ‍L'humain ‍est ‍donc ‍bien ‍en ‍Adam ‍homme ‍et ‍femme ‍c'est-à-dire ‍unité. ‍Dans ‍tous ‍les ‍cas, ‍la ‍fécondité ‍qui ‍est ‍la ‍vie ‍ne ‍peut ‍venir ‍que ‍dans ‍la ‍relation ‍de ‍complémentarité, ‍dans ‍l'altérité ‍et ‍dans ‍l'accueil ‍de ‍l'autre. ‍C’est ‍cela ‍L'AMOUR ‍! ‍